La Mostra de Venise, cru 2010

 

La Mostra de Venise, à l’instar d’une gigantesque vitrine d’un magasin de jouets en période de fête, met l’eau à la bouche. Rentrée cinéma sur les chapeaux de roue – la Mostra se déroule du 1er au 11 septembre 2010 – , les journalistes du monde entier ont repris leurs plumes acérées et leurs cahiers pour couvrir l’événement.  Distribution de bons points en perspective. Des dizaines de films de France et de Navarre sont projetés chaque jour, un seul parviendra à se « tailler la part du lion ». Du tant coinvoité Lion d’or. Le rideau s’ouvre, la toile blanche apparaît, et les comédiens s’affairent sur l’écran comme des automates devant un parterre de spectateurs, tous émerveillés par la magie du cinéma. Light, camera, action ! aurait dit Anna Karina.

Plus ancien festival cinématographique du monde et creuset des nouveaux talents, la Mostra s’est imposée depuis de nombreuses années comme la terre de prédilection du 7ème art et des cinéphiles tous azimuts. Elle est notamment considérée comme la manifestation cinématographique la plus importante du point de vue de la critique, ainsi confère-t-elle un label de qualité et un impact international aux films récompensés. La cité lacustre semble s’être définitivement parée d’un masque international prestigieux en sélectionnant pléthore de films d’auteur – « d’hauteur » pour paraphraser François Truffaut. De l’eau a coulé sous le pont des … Sous-titres.
Pour cette 67ème édition, la Mostra s’installe au Lido où Quentin Tarantino a l’honneur de présider le jury international – assisté notamment d’Arnaud Desplechin côté français, des réalisateurs italiens Gabriele Salvatores et Luca Guadagnino ou encore du compositeur attitré de Tim Burton, Danny Elfman – et de décerner le prochain Lion d’Or. Le jury composé uniquement de cinéaste était une volonté de Gian Luigi Rondi, directeur du festival de 1983 à 1986, qui souhaitait créer une mostra degli autori, per gli autori – un festival d’auteurs, pour les auteurs. Chose faite.
Cette année, la liste des films présentés a sensiblement été influencée par son Président, en témoigne l’introduction de Machete de Robert Rodriguez – ami fidèle de Tarantino – comme troisième film d’ouverture du festival, précédé de The Black Swan de Darren Aronofsky, lui même suivi par Legend of Fist d’Andrew Lau.
Plus largement, les films en compétition attestent d’un éclectisme original avec un cinéma asiatique toujours aussi présent et un retour en force des films américains. On ne peut que se féliciter de la réapparition de Sofia Coppola (Lost in Translation) avec Somewhere, son nouveau long métrage tourné au Château Marmont. On regrette cependant l’absence de Terence Malick (La Ballade Sauvage) pour son film The Tree of Life qui stagne en phase de postproduction.
Le cinéma français est mis en lumière par les films de Francois Ozon (Potiche) et Abdellatif Kechiche (Vénus noire) qui défendent avec ferveur nos couleurs nationales.

En guise d’offrande esthétique, un hommage à Vittorio Gassman a été rendu le 31 août avec la projection du chef d’oeuvre de Dino Risi, Parfum de femme. On s’en lèche déjà les bobines.

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