Morale du plaisir

Son parfum rôde dans la chambre comme une oraison funèbre. Des exhalaisons fugaces de souvenirs refoulés flairent une fin imminente. Je savoure les derniers instants. Parfum distillé sous les draps, caché dans les tiroirs à double fond, enveloppé dans les mouchoirs en soie jamais dépliés. La guillotine des effluves. A double tranchant.
Les miroirs de la chambre multiplient le bonheur et déshabillent impunément la douleur. Enfance nue. Peu d’atours pour affronter le jugement de la glace, le reflet pernicieux de la lèvre qui s’affaise, de la pupille qui se fige et du menton qui fuit.

Elle se retourne, glisse ses cuisses sous la couverture et enfonce sa tête dans l’oreiller. Ses épaules saillantes émergent par dessus les draps chamarés de petites fleurs bleutées. Hymne à sa beauté.

Je t’ai jeté.

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