Sur le quai de l’abandon

La coupelle en porcelaine s’était renversée. Le petit chat blanc d’Agnès lapait les quelques gouttes de lait qui s’éternisaient au fond du récipient. Le liquide blanchâtre coulait dans les rainures du parquet. A pas lents et incertains, le petit chat rampait. Je voyais le supplice prendre possession de ses yeux fièvreux, il savait qu’il ne lui restait que peu de temps à vivre, mais pourvu d’une hardiesse prodigieuse il ne lâchait pas prise. Comme un soldat blessé par l’ennemi et qui ne rend pas les armes.
Mouchoir blanc en guise de révérence. Il s’appelait Cassandre et était sur le point de mourir, Agnès ne dira rien. Elle se laissera choir sur les marches délabrées de l’escalier, la tête enfouie dans ses mains d’enfants. Dernières caresses avant l’échafaud. Cassandre attaché au pilori. Des sanglots. Peu importe.
A croire que le malheur invétéré est monnaie courante.

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